dimanche, décembre 19, 2004

I have a dream

Noël 1979 :

3 mois.
Je vis encore entourée de brumes.
Le seul truc blanc bouclé qui m'accompagne est un mouton en peluche.
Je reste convaincue que c'est là que tout à commencé.

Noël 1980 :

La porte s'ouvre.
Je me retrouve nez à nez avec un immense truc rouge à barbe qui gromelle avec une voix caverneuse et menacante.
Au premier pas qu'il esquisse dans ma direction, j'ouvre tout grand la bouche et hurle alors à plein poumons en courant partout dans l'appartement.
Je finis la soirée terrée au fond du placard à chaussures, traumatisée.

Noël 1981 :



Ils m'ont forcé.
La femme cruelle qui se prétend ma mère et l'horrible bourreau d'enfant qui s'est autoproclamé mon père, ces deux psychopathes qui se délectent de la douleurs d'âmes pures ont tenu absolument à ce que je fasse une photo avec le père noël.
Je sens ses mains d'acier qui m'emprisonnent, je sais qu'il va pouvoir me faire subir d'atroces châtiment dès que les autres auront le dos tourné.
Je manque de défaillir mais me contente bravement de pisser de trouille sur les genoux du père noël en lui crevant au passage les deux tympans.
Notez également le manque total de compassion du grand-frère-bienveillant daignant juste se marrer en voyant la gueule décomposée des parents.

Noël 1982 :



Arbre de noël à l'usine paternelle.
Je le vois s'approcher de moi à grands pas. Il tient déjà une victime innocente sous son bras.
J'implore mon père du regard.
Il s'en tape. Shoote à tout va histoire de remplir l'album de famille.
Je le pousse violemment et entame alors un sprint légendaire afin de fuir au plus loin.
Ils mettront plus d'une heure pour me retrouver.

Noël 1983 :



Jusqu'içi tout va bien. Pas de photos dans un centre commercial miteux, pas d'arbre de noël ouvrier, on va enfin pouvoir passer un noël sans la présence de cet ogre sanguinaire.
Mes frères préparent le sapin, pour des raisons bassements physiques, je me contente de superviser.
Soudain, j'aperçois une décoration rouge à barbe. Dites moi pas qu'c'est pas vrai. Il est de retour. Je me hisse sur la pointe des pieds pour voir ça de plus près. Je m'agrippe à la crêche pour prendre appui. Et cette saloperie de guirlande en père noêl décide alors de me sauter à la gorge, entrainant avec elle, crêche, sapin, guéridon, etc...


Noëls suivants :

Le cauchemard continu...
Encore...
Encore...

Noëls 1997 à 2001 :

Je me venge sournoisement, imposant le supplice du père noël aux enfants de Mon Homme.
Tant de sadisme, c'est jouissif.

Noëls 2002/2003 :

On serre les dents en attendants que ça passe.

Noël 2004 :

On voudrais botter le cul de la terre entière.
On n'attrappe de l'eczéma rien qu'à l'évocation du mot "noël".
On est aigri.
On voudrait vivre sur une île déserte quelques jours.
On a juste un mot à la bouche:
Fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck-fuck

1 Comments:

Anonymous Anonyme déclara par la grâce de Dieu et de la force du côté obscur que...

Anonymous said...
Vivement ton anniversaire !

Abraham Kadabra

2:18 PM
Anonymous said...
Tu t'en ai remis ?

7:56 PM
Anonymous said...
Tu t'en es remis ?

7:57 PM
Mask said...
Et malgré tout ça je te souhaite quand même un joyeux noël... :)
Et surtout, j't'embrasse super fort.

9:46 AM
Anonymous said...
Pffff...
kess t'as pu être chieuse qd tu fûs, t'été peutite...
Hé hé...
L.A. le Mandarin.
;o)

12:14 PM

11:39 AM  

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